Niger : Inondation exceptionnel, le 3ème plus grand fleuve d’Afrique sort de son lit et engloutie tout sur son passage.

Depuis des semaines de fortes pluies diluviennes se sont abattues sur plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et une partie de l’Afrique centrale et du nord ayant occasionné des inondations des habitations, champs et même des pertes en vies humaines. 

De  mémoire de nigérien,  jamais une telle inondation ne s’est produite dans l´histoire. C’est  ainsi qu’au niveau de la sous région, le  Niger est le pays qui a le plus souffert  avec 330 000 personnes sinistrées, 65 morts,  34 000 maisons détruites et 5 768 hectares de cultures submergés par les eaux, selon les premiers chiffres communiqués par le ministre nigérien de l’Action humanitaire et de la Gestion des catastrophes.

Le bilan fait également état de la destruction de salles de classe, de mosquées et d´églises, de  greniers à céréales et de puits d’eau potable. 

Une inondation causée essentiellement dans la Capitale par la crue du fleuve Niger ne s’est jamais vue. 

Cette montée soudaine et rapide du fleuve Niger s´explique d´abord par les fortes pluies qui s’abattent depuis juin sur le Niger notamment sur les localités en amont depuis le Mali et de tous les affluents du fleuve. Ensuite l´ensablement du fleuve dont le lit s´est peu à peu rétrécit. 

Sous la force des eaux, les digues prévues pour contenir le fleuve de part et d´autre des rives ont cédé.  Rien n´a pu résister au déferlement des eaux. D’abord les aménagements hydro agricoles situés le long du fleuve, ensuite toutes les habitations et les infrastructures universitaires et sanitaires.

Les populations prises au piège n´ont eu que quelques minutes pour se sauver et sauver ce qui peut l´être.

Devant cette situation inédite, le Secrétaire Exécutif National de la Caritas Développement (CADEV-Niger) s´est rendu rapidement sur place pour constater les dégâts et évaluer avec son équipe les priorités pour une intervention rapide.  

C´est des personnes dans le désarroi total qu’il a trouvé sur place. 

Baluchons sur la tête avec de l´eau jusqu’à la taille ou la poitrine, les plus chanceux avec une pirogue, on fait des va et vient pour pouvoir récupérer quelques biens.

Pour Moussa habitant du quartier Kirkisoye à la rive droite, 65 ans : «  j´ai vu des inondations dans ma vie, mais celle-ci c´est du jamais vu,l’eau est arrivé à un niveau jamais égalé».

Assis sur un bout de banc au milieu de l’eau, le regard plus loin que sa pensée, cet autre habitant du quartier Lamordé qui n’a pu sauver quelques choses dans sa maison effondrée dès l’arrivée de l’eau. Une maison qu’Il venait juste de construire pour offrir un abri à sa petite famille. L’effort de toute une vie et des années d’économie  s´évaporise sous les eaux en quelques minutes.  Où va-t-il dormir avec sa famille cette nuit ?  Qu’est ce qu’ils vont manger ?  Voici les questions qu’il se pose à lui-même. 

Un peu plus loin de lui, une petite fille de 10 ans essai d’échapper à l’eau avec son petit frère de 8 ans en utilisant un vieux réfrigérateur comme pirogue. De leur maison il ne reste qu’un amas d’argile dissout dans l’eau.  

Cette femme en compagnie de sa fille de 12 ans, assise sur le reste de ses affaires au bord de la chaussée qui est aussi menacée par la montée de l’eau est perdue dans ses pensées et le regard de sa fille en dit long sur son traumatisme. Elles attendent un secours ne serait-ce que pour les amener avec le reste de leurs affaires dans un endroit plus sûr.  

Albdoulrazak, 30 ans un jeune marié récemment, travaillant dans une société de gaz  butane de la place se confie à nous : « Cela fait trois (3) jours que je ne suis pas allé au travail et trois (3) nuits que je n’ai pas fermé l’œil.  Je suis obligé de rester et de veiller sur mes affaires que j’ai pu sortir de l’eau. Si je m’éloigne ils vont me les voler. Je suis à la recherche d’une maison car dans les écoles nous sommes jusqu’à une vingtaine par classe avec d’autres familles».

Dans le quartier de Saga, les religieuses de la Charité de mère Theresa ont dû abandonner leur domicile par pirogue et évacuer les malades du centre de santé qu’elles gèrent. 

Quant au curé de la paroisse Saint Joseph, le père Innocent, c’est sur pirogue qu’il effectue les allers retours sur sa paroisse pour apporter quelques vivres aux personnes qui ont trouvé refuge dans les salles de catéchèse à l’étage alors que la cour de l’Eglise est déjà inondée. Au même moment, un appel de l’aumônier de la Cadev Niger qui réside dans un centre de recueillement spirituel situer à 18km du centre-ville avec une communauté de religieuses pour annoncer qu’ils sont aussi pris au piège par l’eau du fleuve qui a entouré le centre et donc impossible pour eux de sortir du centre. 

C’est ainsi que plusieurs quartiers de Niamey, la capitale, sont engloutis essentiellement par les eaux du fleuve Niger. 

Les autres régions les plus touchées au-delà de Niamey par les inondations sont Maradi (centre-sud), Tahoua et Tillabéry (ouest), Dosso (sud-ouest) et même le nord désertique n’est pas non plus épargné par ces intempéries.

Abraham Komi Djagnikpo Cadev-Niger

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